mercredi 2 juillet 2014

Construire une maison sur la côte pacifique à une heure de Panama City



Projet Villa Royale
« Proyecto Villa Real »

Nous sommes sur la commune de "Las Lajas" à une heure de la capitale, en face de Coronado, la zone résidentielle la plus luxueuse du Panama sur la côte du Pacifique.
Le projet Villa Real est entouré de végétation, aucun toit de maison ne se voit à l’horizon et pourtant nous sommes à côté de tout.

Monsieur Bruno Roman « Planier Corporation S. A. » 
promoteur de Villa Real





Villa Real a eu l'agrément de l'autorité nationale ANAM de la préservation de la nature 

    Nous sommes à cinq minutes des grandes enseignes panaméennes toutes concentrées sur la Panaméricaine pour la clientèle de Coronado et des environs :

Machetazo ; Riba Smith ; El Rey ; 99 ; Cochez et Novey.

Nous avons la chance d’y accéder par une route détournée sans passer par la Panaméricaine très empruntée, et grâce à un heureux hasard géographique, nous sommes plus près de ce grand carrefour commercial que Coronado qui est à 5 km !


L'enseigne "El Rey" est présente depuis 1980

Centre commercial où se trouve « El Machetazo »


El Rey (Le Roi)


3° centre commercial "El 99"







Proyecto Villa Real, c’est Bruno Roman :
   Bruno est né à Marseille, il fut le patron d’une entreprise de chauffage de 24 employés à Endoume. A 40 ans, en 2005, il vendit son entreprise pour venir s’installer à Panama. Il a viabilisé « Proyecto Villa Real » sur la commune de Las Lajas. Le projet est à 1,9 Km de la Panaméricaine, il mesure 4,5 hectares, il est découpé en 34 lots de tailles diverses, de 700 m2 à 1500 m2, avec des prix de 45 $/m2 à 80 $/m2 selon le lieu.
Il y a une aire de jeux au bord du ruisseau que vous ne voyez pas sur les photos. Le ruisseau est bordé de tous ces énormes arbres. Ce sont des « espavés ». A gauche et derrière cette photo, il y a des plants d’arbres fruitiers. 

photo prise durant la saison humide
Photo durant la saison sèche qui dure 4 mois.


Le 16 mars 2014, 4 couples francopanaméens se sont retrouvés avec leurs amis
pour fêter l'arrivée du reservoir d'eau de 25 m3


Nous sommes aux 2/3 de la saison sèche.

Ce reservoir permettra d'alimenter plusieurs piscines

Le projet de Bruno est courageux et par une grâce du ciel, il l’appela Villa Real.
Il a tracé en 2012 deux larges avenues bordées de palmes royales, ce qui explique l’adjectif « real » accolé à « Villa ».
Au 17° siècle le roi d’Espagne accordait en Amérique latine pour des raisons politiques le nom de Villa à des lieux habités qui ne pouvaient pas par leur taille ou pour des raisons de voisinage être une ville (ciudad) et qui pourtant s’étaient distingués au cours de leur histoire : http://es.wikipedia.org/wiki/Villa_(población)

Proyecto Villa Real, c’est aussi une équipe.
Pour viabiliser Villa Real, Bruno a travaillé avec José Moran de Renacimiento. Renacimiento est situé dans les montagnes de Coclé, au-dessus de San Miguel Centro, dans le pays des Cucuas. (à découvrir sur le net)
De mon côté j'ai souhaité construire une maison fraiche et écologique, le mieux c'est de la faire en terre comme au temps de la colonie mais avec une technique moderne. Pour m'aider, José appela son fils José, son voisin José et son beau-frère José de Chiguiri Arriba situé derrière le  volcan de « El Valle de Anton ». 
Tous les quatre s’appellent José. Cela ne s’invente pas et ils travaillèrent avec moi, forts de l'âme de saint Joseph, pour fabriquer des briques de terre comprimées avec une presse manuelle française (la Geo 50) que j’ai importé. Depuis février 2014, c'est une aventure qui se déroule bien.

Cette terre est du sable provenant des volcans.
Ils étaient au nombre de 32 et ils sont à l'origine de l'isthme  

Nous avons essayé deux autres terres de carrières plus proches de Coronado,
les résultats étaient bons, mais nous avons préféré la terre provenant du flan du volcan d'Anton.
Etrangement, les blocs sont sortis plus lourds, plus denses. 

Une dose de sable est comprimée avec une force de 14 t.
Son volume se réduit de moitié. Dans le sable, il y a 20%
d'argile et 9% de ciment pour stabiliser le bloc
après une cure humide de 20 jours sous un plastique.    

De droite à gauche, Jacques et les 4 José(s)
avec les deux derniers fils de José que l'on voit devant.
Au bord de la rivière les enfants ont fait des patés comme moi je fais des briques
et sans savoir que ce sable dit "continental" provient d'un volcan !
Je ne l'utilise pas car des entrées marines l'ont affecté pour faire des bons blocs. 
D’autre part à San Carlos à 12 Km d'ici, j’ai rencontré l’agronome Rolando Sanchez de 73 ans qui immunise le bambou « guadua » d’origine colombienne, récemment planté à Panama. Je lui ai commandé une centaine de perches de bambou longues de 6 m, plus 200 bambous panaméens Dentrocalamus Asper que l'on peut ouvrir et étaler pour le remplissage des plafonds. 

Rolando Sanchez dans sa maison en bambou avec de jeunes lycéens
du lycée français de Panama City
J'ai renoncé à faire ma charpente avec ce bambou guadua qui a pourtant la réputation d’être le meilleur au monde pour ses qualités mécaniques. Mais les points d'appuis dans ma maison sont distants de 4 m et même 5,3 m. Le bambou est trop flexible, il me faudrait faire des poutres en bambou avec un IPN important (moment d'inertie) et je n'en ai pas assez !
Je ferai donc seulement des plafonds qui ne pèseront que leur propre poids plus le poids du bambou Dentrocalamus Asper.
Les projets de Villa Real ont la possibilité d’être écologiques. C'est l'esprit "del Proyecto" de donner cette liberté novatrice de développement durable à qui le souhaite.
Un couple de français est sur le point d’acheter un lot. Ils veulent réaliser une maison en bois.

Proyecto Villa Real c’est aussi un maçon et son équipe.
Juan Alvarado habite tout près de Villa Real et il est capable de mobiliser de nombreux travailleurs pour construire une maison, ce qui est loin d’être facile dans cette partie de Panama.
C’est un homme de l’art à qui l'on peut faire confiance.
Bruno a vu travailler beaucoup de maçons en France. Il m’a dit : c’est un bon !
Effectivement ma maison est grande (14,6 m x 14,6 m avec son patio de 8,5 m x 6 m). Juan a réalisé de très belles fondations en un mois et demi. Puis en deux mois il a élevé le débuts des murs de terre.
Photo des fondations terminées

Début des fondations où l'on voit deux rangées de blocs pour
supporter le poids du mur en terre extérieur large de 30 cm
De même l'on voit deux tubes blancs pour l'écoulement
des eaux de pluie dans le patio à ciel ouvert.


A gauche Juan Alvarado en bleu et blanc est avec six de ses ouvriers
dont un est l'un de mes José(s) de mes débuts
Je suis avec les 3 autres José(s) pour fabriquer des blocs


Depuis le 5 mai je suis en France, Bruno m'a envoyé ces photos qui datent du 20 juin.
Juan Alvarado a depuis terminé de monter les murs. A mon retour le 7 juillet, nous n'avons pas continué ensemble.  Il était trop cher et il n'a pas supporté que je demande à un constructeur un devis pour faire le toit.  Le lendemain de cette visite, il a abandonné le chantier.   Les calculs de charpente de mon nouveau constructeur étaient trop plein d'erreurs et j'ai décidé d'être le constructeur.  Ma nouvelle équipe ce fut Ruben de Anton, qui connait le travail du bambu, car il travaillait avec Rolando, puis Ruben de Vaquilla et José. Nous finîmes les murs et l'on posa la charpente avec deux travailleurs Joseph et Gadisvel.  Les poutres de la charpente seront en tôles pliées (carriolas).
Comme cela se fait actuellement à Panama où le bois est devenu cher.

Le rancho attend mon retour pour fortifier ses poutres,
c'est un bon abri pour les bambous, car il pleut en ce moment.


Nous devrons passer un vernis pour avoir un plafond aussi beau que chez Rolando




La hauteur des murs est de 3,35 m à 3,80 au bord du patio


Les murs seront crépis avec de la terre et des pigments naturels

L’originalité française de Villa Real :

Comme de nombreux promoteurs à Panama, Bruno n’a pas commencé par construire un glorieux arc de triomphe à l’entrée de son projet pour attirer nos regards et pour loger leur service de gardiennage. 

Bruno n’a pas le cœur a tant d’ostentation, il fermera les deux avenues par deux barrières électriques et il clôturera la propriété. Mais Bruno a le sens du confort, de l’espace et de la liberté de mouvement, il a empierré trois larges avenues pour accéder aux parcelles ce qui n’est pas le cas des urbanisations que je connais où l’on a économisé sur la largeur des accès pour vendre le plus de surface possible. 



Signalée par un panneau, voici à droite, l'entrée de Villa Real.
Elle est distante de 1,9 Km de la Panaméricaine

Nous ferrons 200 m sur ce chemin pour arriver à l'avenue empierrée  du projet

José habite à gauche et entre chez lui par ce portail bleu.
Il est aussi le gardien de cette propriété.

L'avenue d'accès à La Villa Real, au fond nous voyons le réservoir bleu

Nous passerons sur le ruisseau par un ravier qui fut construit par Juan Alvarado 

Avant le réservoir nous entrerons à gauche
dans la deuxième avenue où je construis ma maison
Vous êtes les bienvenus 

















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